Commission d’enquête sur le Foyer Anderlechtois : des garde-fous utiles, mais une occasion manquée de mettre fin au clientélisme

15 juillet 2026

Bruxelles, le 15 juillet 2026 – COMMUNIQUE DE PRESSE

À l’issue de la commission d’enquête parlementaire consacrée au Foyer Anderlechtois, lib.res prend acte des recommandations adoptées par la majorité. Si plusieurs d’entre elles rejoignent des propositions défendues de longue date par notre mouvement en matière de transparence, de gouvernance et de dépolitisation, elles restent insuffisantes pour mettre un terme aux pratiques clientélistes révélées ces derniers mois.

Pour lib.res, cette commission d’enquête restera avant tout le symbole d’une occasion manquée. Organisée dans l’urgence, avec un calendrier extrêmement contraint, des documents transmis tardivement et l’exclusion de notre mouvement de ses travaux, elle n’a pas permis d’établir sereinement les responsabilités politiques dans un dossier pourtant majeur pour la confiance des citoyens.

Plus grave encore, aucune conséquence politique individuelle n’est tirée des dysfonctionnements constatés, alors même que le président du Foyer Anderlechtois demeure en fonction.

« Cette commission d’enquête avait pour vocation de faire toute la lumière sur des faits extrêmement graves. Au lieu de cela, nous avons assisté à une commission menée au pas de charge, dont lib.res a été exclu, sans que toutes les responsabilités politiques soient véritablement établies. Les recommandations constituent un progrès, mais elles ne peuvent servir de paravent pour éviter les questions qui dérangent. Les Bruxellois étaient en droit d’attendre toute la vérité, pas un simple exercice de communication politique. » – Fabian Maingain, député bruxellois et chef de groupe lib.res

lib.res salue néanmoins plusieurs avancées importantes reprises dans les recommandations : l’interdiction des interventions politiques dans les dossiers individuels, le renforcement du rôle des délégués sociaux, une meilleure protection des lanceurs d’alerte, le renforcement des règles déontologiques, ainsi que l’amélioration de la traçabilité et de la digitalisation des procédures.

Ces mesures rejoignent plusieurs propositions que lib.res avait formulées dès les premières révélations.

Mais elles ne suffisent pas à transformer en profondeur le système d’attribution des logements sociaux.

lib.res défend une réforme beaucoup plus ambitieuse afin de garantir que plus jamais un citoyen ne puisse penser que l’obtention d’un logement social dépend d’un réseau, d’une intervention politique ou d’une proximité avec un mandataire.

lib.res propose notamment :

  • la réforme en profondeur du mécanisme de dérogation prévu par l’article 33 de l’arrêté locatif, voire sa suppression au profit d’un système reposant sur des critères régionaux objectifs ;
  • la définition d’une liste limitative de situations pouvant justifier une dérogation, identique pour toutes les SISP ;
  • la création d’une cellule régionale indépendante chargée d’examiner les dérogations les plus sensibles ;
  • un contrôle externe automatique lorsqu’un délégué social rend un avis défavorable ;
  • un véritable régime de sanctions en cas de violation des règles déontologiques ;
  • une protection renforcée des administrateurs contre toute pression politique ou personnelle.

En outre, au vu du climat actuel au sein du Foyer Anderlechtois et afin de restaurer la confiance des citoyens, lib.res demande la mise sous tutelle de la SISP par la SLRB, ainsi que l’écartement du président pendant toute la durée de l’enquête judiciaire et jusqu’à la mise en œuvre effective des réformes et recommandations issues de la commission d’enquête.

« Cette affaire démontre que la confiance ne se rétablira pas uniquement en ajoutant de nouvelles procédures. Il faut revoir les règles du jeu. Les décisions individuelles doivent être totalement dépolitisées, les dérogations strictement encadrées et les critères identiques pour tous. Le logement social est un droit, jamais une faveur. C’est cette exigence d’éthique, d’égalité de traitement et de transparence que lib.res continuera de défendre. » – Michael Loriaux, échevin et administrateur-délégué de L’Habitation moderne

Pour lib.res, cette commission ne doit pas constituer la fin du débat mais le point de départ d’une réforme structurelle du logement social bruxellois. Restaurer durablement la confiance passe par une gouvernance exemplaire, une responsabilité politique assumée et une dépolitisation complète des décisions individuelles d’attribution. C’est à cette condition que les citoyens retrouveront confiance dans leurs institutions.