Lib.res exige la convocation urgente de la commission de l’Éducation
Les enseignants de la Fédération Wallonie-Bruxelles ont découvert, sur leur fiche de paie de septembre, un barème annuel inférieur à celui du mois précédent. Leur salaire effectivement versé n’a certes pas diminué, mais cette présentation particulièrement inquiétante résulte de l’application de l’indexation plafonnée décidée par le gouvernement fédéral.
Cette mesure limite l’indexation des rémunérations supérieures à 4.000 euros bruts à un maximum de 80 euros par mois. Elle constitue déjà une perte durable de pouvoir d’achat qui pourra représenter plusieurs milliers d’euros cumulés pour certains travailleurs.
Mais la Fédération Wallonie-Bruxelles a réussi à ajouter de la confusion et de l’inquiétude à une mesure déjà profondément injuste.
Pour appliquer cette indexation plafonnée, son administration a fait apparaître un barème annuel diminué sur les fiches de paie, afin que sa multiplication par le nouvel indice aboutisse au montant attendu. Le gouvernement affirme aujourd’hui qu’il ne s’agirait que d’un « barème fictif », sans effet sur la carrière, l’ancienneté ou la pension.
Cette réponse ne suffit pas.
La Région bruxelloise a mis en place un mécanisme informatique permettant de calculer séparément la correction liée à l’indexation en centimes, sans modifier le barème de référence. L’Union des villes et communes de Wallonie a également recommandé aux employeurs de ne pas toucher aux barèmes, notamment parce que ceux-ci interviennent dans la chaîne de déclaration et de calcul des pensions publiques.
Pourquoi la Fédération Wallonie-Bruxelles a-t-elle choisi une autre méthode ? Pourquoi avoir fait apparaître une diminution du barème alors qu’une solution plus claire et plus sécurisante existait ? Et pourquoi les administrations publiques confrontées au même problème n’ont-elles pas mutualisé leurs analyses, leurs développements informatiques et leurs tests ?
« Les prétendus ingénieurs au pouvoir nous emmènent une nouvelle fois en absurdie. Après avoir imposé aux enseignants de travailler davantage sans revalorisation correspondante, après avoir plafonné leur indexation et donc réduit leur pouvoir d’achat, le gouvernement fait maintenant apparaître une baisse de leur barème sur leur fiche de paie. Et toujours avec la même méthode : on coupe d’abord, on explique ensuite et on ne discute qu’une fois la colère installée », dénonce Fabian Maingain, député lib.res.
Le problème ne se limite pas à une maladresse de communication. La méthode retenue doit être entièrement documentée afin de garantir qu’elle n’aura aucune incidence, aujourd’hui ou demain, sur le pécule de vacances, la prime de fin d’année, les indemnités, les périodes de maladie, les déclarations Capelo et le calcul des pensions.
Lib.res exige dès lors la convocation urgente de la commission de l’Éducation du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles afin d’entendre la ministre Valérie Glatigny et d’obtenir :
- l’explication juridique et technique complète du « barème fictif » ;
- les raisons pour lesquelles la solution appliquée à Bruxelles n’a pas été retenue ;
- le coût du développement informatique mis en œuvre par la Fédération ;
- des simulations précises concernant tous les droits dérivés ;
- des garanties sur l’absence d’effet sur les pensions ;
« Dans le climat de défiance créé par les réformes successives du gouvernement MR–Engagés, les enseignants n’ont pas à se contenter d’un simple “faites-nous confiance”. Ils ont droit à des documents, des chiffres et des garanties juridiquement opposables. Quand une autre administration parvient à préserver clairement le barème de référence, l’inaptitude et l’improvisation de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas acceptables », conclut Fabian Maingain.



