Du chômage au CPAS : lib.res demande un véritable plan de retour à l’emploi

17 septembre 2026

Six mois après les premières exclusions liées à la limitation dans le temps des allocations de chômage, l’heure est au premier bilan à Bruxelles. Et les chiffres obtenus au Parlement bruxellois par notre député Fabian Maingain montrent que l’accompagnement régional doit clairement changer d’échelle.

Entre janvier et avril 2026, 26.754 demandeurs d’emploi bruxellois ont quitté le régime du chômage. Pour les deux premières vagues, 43,3 % se sont tournés vers un CPAS. Pourtant, au cours du premier trimestre, seuls 10,6 % des personnes concernées avaient entamé un accompagnement auprès d’Actiris ou de ses partenaires. Pour la première vague, à peine 3,5 % avaient commencé une formation dans les trois mois suivant leur fin de droit.

Ces chiffres doivent nous interpeller d’autant plus que le profil des personnes concernées nécessite précisément un accompagnement renforcé. Parmi les deux premières vagues, 64 % sont faiblement qualifiées. Sur les trois premières vagues, 54 % ont 45 ans ou plus.

Passer du chômage au CPAS ne signifie pas retrouver un emploi. Sans accompagnement adapté, sans remise à niveau et sans formation lorsque celle-ci est nécessaire, nous risquons simplement de déplacer la précarité d’un dispositif vers un autre.

Or, l’un des mécanismes proposés aux CPAS s’appuie sur les Missions locales et les Lokale Werkwinkels, dont Actiris estime la capacité de soutien à environ 4.000 personnes par an. Dans le même temps, aucun moyen humain ou budgétaire supplémentaire n’a été débloqué pour Actiris afin de faire face aux conséquences de la réforme.

Pour Lib.res, responsabiliser les chercheurs d’emploi doit aller de pair avec la responsabilité des pouvoirs publics. La Région connaissait le calendrier de la réforme et l’ampleur des fins de droit à venir. Elle doit désormais apporter une réponse à la hauteur.

Nous demandons donc de renforcer les capacités d’accompagnement et de formation, mais également de mesurer les résultats obtenus. Combien de personnes sont accompagnées ? Combien entrent en formation ? Et surtout, combien retrouvent effectivement un emploi après trois, six ou douze mois ?

Une fin de droit n’est pas un résultat en soi et ne doit jamais devenir une fin de parcours. Notre objectif doit rester clair : permettre à chaque personne de retrouver une perspective, son autonomie et, autant que possible, le chemin d’un emploi durable.