Décret-Programme : une occasion manquée pour l’école et un précédent préoccupant pour notre démocratie parlementaire

5 juin 2026

Après plus de quatorze heures de débats, la majorité MR-Les Engagés a définitivement adopté le Décret-Programme de la Fédération Wallonie-Bruxelles.
Pour lib.res, ce vote constitue à la fois une erreur politique et un précédent démocratique préoccupant.

D’abord par la méthode. Alors que l’opposition demandait simplement que le débat puisse se dérouler dans le respect des règles parlementaires, la majorité a choisi le passage en force. Personne ne contestait son droit de gouverner ni de voter ce texte. Mais dans une démocratie, la majorité décide dans le respect des règles communes et des droits de la minorité. En fragilisant cet équilibre, c’est la confiance dans nos institutions qui est mise à mal.
Sur le fond, ce vote consacre une rupture profonde entre le gouvernement et l’ensemble du monde de l’enseignement.

Depuis des mois, enseignants, directions, syndicats, pouvoirs organisateurs, associations de parents, étudiants et élèves ont multiplié les appels au dialogue. Rarement une réforme aura suscité une telle convergence d’inquiétudes. Tous ont demandé davantage de concertation. Tous ont alerté sur les conséquences concrètes des mesures envisagées pour les élèves, les familles et les équipes éducatives.

La majorité a choisi de ne pas les écouter.

Fabian Maingain, député : “lib.res ne nie pourtant pas la gravité de la situation budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Oui, des réformes sont nécessaires. Oui, des efforts doivent être consentis. Mais une économie qui affaiblit durablement l’école n’est pas une économie : c’est une facture reportée sur l’avenir.
Ce Décret-Programme traite l’enseignement comme une variable d’ajustement budgétaire plutôt que comme un investissement stratégique. Il fragilise la gratuité scolaire, crée des incertitudes pour de nombreux élèves et étudiants, augmente la pression sur les enseignants et risque de déstabiliser des équipes éducatives construites parfois depuis des années.
Derrière les chiffres et les tableaux budgétaires, il y a des réalités humaines. Des enseignants qui verront leur carrière bouleversée, des équipes pédagogiques déstructurées, des projets éducatifs remis en cause et des élèves qui risquent de faire les frais de choix comptables.
Pourtant, d’autres solutions étaient possibles. Les acteurs de l’école eux-mêmes se disaient prêts à participer à la recherche de pistes d’économies et de réformes. Investissements dans les bâtiments scolaires, rationalisation administrative, lutte contre le décrochage et le redoublement, mutualisation de certaines dépenses : autant de pistes qui méritaient d’être explorées avec le terrain plutôt que contre lui.

lib.res tient à saluer la mobilisation remarquable de l’ensemble des acteurs de l’enseignement. Leur engagement n’était pas un refus du changement. Il traduisait une volonté d’être associés à la construction de l’avenir de l’école.

La majorité a remporté un vote. Mais elle a perdu quelque chose de plus précieux : la confiance d’une grande partie de ceux qui font vivre l’enseignement au quotidien.
Pour lib.res, l’école mérite mieux qu’une réforme imposée dans l’urgence. Elle mérite une vision, du dialogue et une ambition à la hauteur des défis de notre jeunesse.