Budget bruxellois : « Le gouvernement soustrait ses choix au contrôle du Parlement »

6 octobre 2026

Bruxelles, le 6 octobre 2026 — Économies, nouvelles dépenses, baisses fiscales, compensations, investissements reportés : le gouvernement bruxellois multiplie les annonces sans fournir les tableaux permettant d’en vérifier le financement, l’articulation et les conséquences pour les Bruxellois. En retenant ces informations, il ne crée pas seulement du flou budgétaire : il prive le Parlement des moyens nécessaires pour exercer son contrôle. Lib.res exige que les chiffres soient mis sur la table et contrôlés préalablement par la Cour des Comptes.

« Notre rôle n’est pas de croire le gouvernement sur parole. Notre rôle est de contrôler ses décisions. Or le gouvernement nous présente ses conclusions sans nous donner les chiffres qui permettent de les vérifier. Cela s’apparente à de l’obstruction au contrôle parlementaire. », déclare Fabian Maingain, député lib.res.

Familles : « Vous donnez d’une main et reprenez de l’autre »
C’est particulièrement frappant pour les familles bruxelloises. D’un côté, le gouvernement annonce le doublement de Be Home. De l’autre, il prévoit neuf millions d’euros d’économies annuelles sur les réductions familiales de précompte immobilier.

Mais sans simulations complètes, le Parlement ne peut pas mesurer l’effet combiné de ces deux décisions sur les ménages. Combien de familles gagneront réellement à la réforme ? Combien paieront davantage ? Et de combien ?

« Vous donnez d’une main et reprenez de l’autre. Les familles font déjà les frais des arbitrages budgétaires alors que leur pouvoir d’achat est sous pression. Avant de leur présenter une mesure comme un gain, dites clairement ce qu’elles auront réellement en poche une fois toutes vos décisions additionnées. »

La même exigence vaut pour la fiscalité automobile. Vignette automobiles, compensations, exonérations et taxation accrue de certains véhicules sont annoncées simultanément, sans présentation consolidée permettant d’établir la facture finale pour les familles, notamment les familles nombreuses qui ont besoin d’un véhicule plus grand.

Emploi : les économies sont chiffrées, pas les moyens
Sur l’emploi, 55 millions d’euros d’efforts sont annoncés pour 2027, parallèlement à un objectif de 70 % de taux d’emploi en 2030. Mais sans chiffrage complet du remplacement d’Activa, des moyens de formation et de leur calendrier, le gouvernement ne permet pas au Parlement de vérifier si ses économies sont compatibles avec ses propres objectifs.

« Faire mieux avec moins : montrez-nous comment. Les économies ont un montant. Le retour à l’emploi attend encore son mode d’emploi. Là encore, le gouvernement demande au Parlement de valider une trajectoire sans lui donner les moyens d’en vérifier la cohérence. »

« Le contrôle parlementaire n’est pas facultatif »
Lib.res exige la transmission d’un tableau consolidé reprenant le coût ou le rendement de chaque mesure, son financement, son calendrier et son impact budgétaire net, ainsi que la transmission des éléments nécessaires à un examen de la trajectoire par la Cour des comptes.

« Le contrôle parlementaire n’est pas une formalité de communication que le gouvernement peut organiser à sa convenance. Il suppose que nous disposions des chiffres permettant de confronter les annonces à la réalité budgétaire et à leurs conséquences pour les Bruxellois. À défaut, vous ne demandez plus un contrôle : vous demandez un acte de foi. », conclut Fabian Maingain.