L’exclusion massive et automatique des chômeurs après 2 ans a des effets pervers. Les aidants proches sont injustement concernés. Ces personnes qui prennent soin d’un proche physiquement ou mentalement dépendant représentent au moins 12% de la population, soit plus d’un million de personnes. Rappelons que prendre soin de ses enfants et de ses parents est une obligation légale selon le code pénal. Les économies engendrées par une prise en charge bénévole sont évaluées à 12,5 milliards d’euros. Des aidants doivent négliger leurs activités professionnelles, voire y renoncer. Il n’est pas rare qu’ils se retrouvent au chômage. Aujourd’hui, ils subissent la réforme de l’Arizona, et plusieurs associations, dont la Ligue des familles, tirent à juste titre une sonnette d’alarme.
Pour lib.res, il n’était pas logique en soi d’acculer les aidants proches au chômage car ils ne sont pas demandeurs d’emploi. Ils ne sont d’ailleurs pas disponibles sur le marché du travail. Ce qu’il fallait faire depuis longtemps, c’est leur accorder un statut spécifique de protection sociale et juridique adapté. Leur statut actuel leur accorde certes une reconnaissance en tant qu’”aidant proche”, mais cela ne leur donne droit qu’à quelques jours de congé lorsqu’ils travaillent. Autant dire que ce statut est quasiment une coquille vide.
lib.res demande de compléter l’actuel statut d’aidant proche comme suit:
octroyer une indemnité d’aidant proche. Calculée en fonction de l’incidence sur les revenus de l’aidant (chômage, salaire, revenus d’indépendants,…), avec un seuil minimal et un plafond. Cette indemnité doit permettre de mener une vie digne et de tenir compte des frais additionnels que la situation impose (par ex: davantage de transports pour raisons médicales);
prévoir une assimilation de la période couverte par le statut d’aidant proche pour le calcul de la pension et le droit individuel à la mutuelle;
octroyer un statut de protection juridique pour couvrir leur responsabilité lorsqu’ils sont amenés à poser certains actes protégés comme par exemple remplacer une perfusion;
garantir leur retour au chômage à l’issue de la période d’assistance et ce, sans stage d’attente
Enfin, lib.res demande de ne pas exclure les aidants proches du chômage tant que ce statut n’est pas effectif.



